Commission énergie du Parti communiste français

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10 ANS APRÈS L’EXPLOSION DE AZF TOULOUSE (Septembre 2001) : LE RISQUE INDUSTRIEL & LES NOUVELLES DIMENSIONS DE LA LUTTE DES CLASSES

 

10 ANS APRÈS L’EXPLOSION DE AZF TOULOUSE (Septembre 2001) :   LE RISQUE INDUSTRIEL & LES NOUVELLES DIMENSIONS DE LA LUTTE DES CLASSES   Il y a 10 ans l’usine d’engrais AZF (La Grande Paroisse / Total) de Toulouse explosait. L’accident causait de nombreux morts surtout chez les salariés, et, dans le quartier construit autour de l’usine, des dégâts considérables et un traumatisme dans la population.

  • Le risque, souci mineur dans les logiques capitalistes :
Les directions des usines, soumises aux pressions des actionnaires pour des taux de profits toujours plus forts, ont tendance à considérer les investissements pour la sûreté (machines, maintenance, main d’œuvre stable et qualifiée…) comme un coût à minorer. Le capitalisme a une gestion potentiellement dangereuse de ces usines. Les luttes des travailleurs ont imposé dans l’entreprise certaines limites sur les conditions de travail avec des outils comme les délégués du personnel et les CHSCT. Lois et contrôles peuvent les conforter avec les limites liées au nombre et aux pouvoirs des contrôleurs….
  • AZF, une dimension nouvelle des risques industriels :
Certes à Toulouse, c’est la ville qui avait entouré l’usine ; mais cet accident a mis en avant le fait que la population aussi était exposée aux risques industriels que souvent elle ignorait. Parallèlement la population dans une démarche générale de la société, prenait conscience des impacts généraux des rejets industriels sur l’environnement. Maîtriser les risques ne pouvait plus être l’affaire du dialogue entreprises / salariés arbitrés par l’Administration.
  • Maîtriser la sûreté des installations pour tous et pour l’environnement :
Désormais, une nouvelle approche s’impose : la maîtrise de la sûreté des installations à risques ne peut qu’être l’affaire de tous les acteurs confrontant leurs décisions à la pratique de terrain, analysant aussi bien les processus que la structure de l’emploi ou l’impact des rejets alentour sur les populations comme sur l’environnement. Depuis les années 1970, des structures pluripartites (état, industriels, élus, syndicats, associations…) existent et peuvent devenir des lieux de confrontation contre les logiques du capitalisme.
  • Une loi dans son principe ……
La loi sur les « risques technologiques majeurs » est une conséquence de cet accident ; elle constitue une avancée par la généralisation de ces structures plurielles de confrontation. Dans les CLIC (commissions de concertation), riverains des entreprises et délégués des salariés sont objectivement amenés à converger. Les PPRT (plans d’éloignement des habitations de l’usine) entraînent déprise et des mesures d’urbanisme concernant populations et collectivités.
  • ……et son application :
Au gré des changements de gouvernements, des relectures sous pressions modifiant le texte, du flou dans les responsabilités et les décrets, du manque de moyens pour appliquer et indemniser, cette loi est souvent appliquée a minima par l’administration, comme un moyen de faire avaliser les mesures d’urbanisme des PPRT. Sans interventions fortes, les autres champs d’intervention ouverts par la loi sont peu à peu enterrés.
  • Un potentiel nouveau du rassemblement anticapitaliste :
Au contraire, l’engagement des communistes, syndicalistes et progressistes peut permettre de poser en grand la question du rapport entre une production industrielle nécessaire et les exigences d’une sûreté pour l’environnement et la population qui heurtent de plein fouet les logiques financières. Il s’agit d’un champ nouveau d’intervention et de rassemblement que l’on ne peut négliger.     J.C. Cheinet