Commission énergie du Parti communiste français

Commission énergie du Parti communiste français
Accueil
 
 
 
 

Contribution de Valérie Gonçalvès au Débats&Controverses: À l’ouverture du Conseil européen sur l’énergie... À quel prix l’Europe peut-elle assurer sa sécurité énergétique ?


 

 

 

 

 

 

 

 

L’union européenne qui émet 9 % des émissions mondiales de Gaz à Effet de Serre (GES) s’engage à les réduire de 40% par rapport à leurs niveaux de 1990 pour 2030. Maitriser le réchauffement climatique est d’une impérieuse nécessité et c’est une bataille politique immense que le Parti communiste entend bien mener. C’est le sens de la campagne, politique et citoyenne, dont le PCF a pris l’initiative avec 30 formations progressistes de toute la planète qui a été lancée en janvier dernier par une grande pétition. L’intervention des peuples est donc urgente et nécessaire afin de pousser les Etats à conclure un accord positif à Paris lors de la tenue de la COP 21 en décembre 2015. Pour les communistes, un accord global est possible à condition de dégager une vision solidaire du développement humain durable à l’échelle du monde, sur la base de décisions qui doivent être contraignantes pour les États mais différenciées et fondées sur des principes de solidarité et d'équité.

L’Union européenne prévoit également de porter à 27% la part d'énergie renouvelable dans le mix énergétique, ainsi que 27% d'économie d'énergie. L’Europe dispose de ressources énergétiques qui sont inégalement réparties entre les différents pays et dépense chaque année environ 400 milliards d’euros en importations d’énergie et est dépendante à 53 %.

La France doit être à l’offensive pour que l’Europe se dote d’une politique industrielle répondant à des objectifs de progrès humain et écologique. L’échelon européen est pour nous pertinent pour introduire des clauses sociales et environnementales dans les échanges internationaux. Cela participe à des alternatives aux stratégies de délocalisation. Par ailleurs, l’Europe a besoin d’une politique commune de l’énergie, qui intègre la spécificité des situations des différents pays membres et encourage de grands services publics nationalisés et intégrés de l’énergie. Plus que jamais, l'énergie ne doit pas devenir une marchandise comme les autres, se vendant au plus offrant, d'un bout à l'autre de l'Europe, au grès du cours de la bourse et sujet à toutes les spéculations.

Il nous faut faire grandir l’idée de passer de l’Europe de la concurrence à l’Europe de la coopération énergétique.

La création d’une agence européenne de l’énergie permettrait d’associer sécurisation, indépendance et long terme avec des objectifs communs comme la réduction des GES, la recherche, le droit à l’énergie ou les réseaux. La diversité des situations au plan européen concerne aussi les sources d’énergie possibles (nucléaire en France, charbon en Pologne….). Il ne s’agit pas d’opposer les énergies entre elles. Il faut prendre en compte le niveau de maturité des différentes technologiques (coût, stockage de l’électricité, stockage du Co2) à la lumière de trois critères : l’impact social, environnemental et économique.

La commission européenne a chiffré à 1000 milliards d€ le besoin en investissements pour les dix prochaines années. C’est à peu près l’équivalent de 1% du PIB mondial et moins de 0,3 % des actifs financiers mondiaux. C’est dire si les marges financières existent sans aller les puiser dans les poches des consommateurs. Au sein de l’Union Européenne, l’évasion fiscale représente 1000 milliards d’euros chaque année, soit la moitié du PIB français.

La précarité énergétique en Europe est en progression. Elle est évaluée entre 75 et 150 millions de personnes. Cela n’empêche pas l’union européenne de vouloir mettre fin aux tarifs régulés. Or partout en Europe où les tarifs réglementés ont été supprimés, les consommateurs ont vu leur facture s’envoler. Un ménage italien paie son électricité 45 % plus cher qu’un ménage français, un ménage belge 40% et un ménage allemand plus de 80%. L’accès pour tous à l’énergie appelle des réponses politiques auxquelles, il nous faut répondre !

Valérie Gonçalvès, dirigeante nationale du PCF en charge de la commission énergie.

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.